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Shinto et bouddhisme : quelles différences ?

Comment reconnaître un sanctuaire shintoïste et un temple bouddhiste au Japon ?

Au Japon, les sanctuaires shintoïstes et les temples bouddhistes font partie du paysage. Mais lorsqu’on visite le pays pour la première fois, il n’est pas toujours facile de faire la différence entre les deux.

Pourtant, quelques détails permettent généralement de les reconnaître : l’architecture, les statues, les objets rituels ou encore la manière de prier. Voici quelques repères pour mieux comprendre ces lieux de culte et savoir comment s’y comporter.

Article écrit par Mayu, guide-interprète francophone à Tokyo

sanctuaire shinto

1. Le torii : un symbole des sanctuaires shintoïstes

Le moyen le plus simple de reconnaître un sanctuaire shintoïste est souvent le torii, un portail qui marque l’entrée dans un espace sacré. Il est fréquemment rouge, mais il peut aussi être en bois naturel ou d’une autre couleur.

Dans l’enceinte du sanctuaire, vous pourrez également remarquer une shimenawa, une grosse corde tressée qui délimite un espace sacré, parfois accompagnée de bandes de papier blanc en zigzag appelées shide.

Vous rencontrerez souvent des statues de komainu, des créatures protectrices ressemblant à des lions ou à des chiens. Dans les sanctuaires dédiés à Inari, elles sont généralement remplacées par des renards.

Le shintoïsme possède également des objets sacrés appelés shintai. Il peut s’agir d’un miroir, d’une épée, d’un rocher ou même d’une montagne entière. Certains de ces objets sont visibles, tandis que d’autres sont conservés à l’abri des regards, notamment dans le bâtiment principal du sanctuaire.

2. Les temples bouddhistes : grandes portes, statues et encens

Les temples bouddhistes possèdent souvent une grande porte monumentale en bois, parfois surmontée d’un toit imposant. Elle marque l’entrée dans l’enceinte du temple.

À l’intérieur, on trouve fréquemment des statues représentant Bouddha ou d’autres figures bouddhiques, comme Kannon, associée à la compassion, ou Jizō, souvent considéré comme un protecteur des enfants et des voyageurs. On peut également y voir un brûle-parfum où les visiteurs font brûler de l’encens, ainsi que, dans certains temples, une pagode à plusieurs étages.

De nombreux temples possèdent aussi un cimetière, car les rites funéraires japonais sont souvent associés au bouddhisme. Mais ce n’est pas systématique.

Attention toutefois : les statues ne permettent pas toujours de distinguer un temple d’un sanctuaire. Certains sanctuaires abritent eux aussi des statues, notamment des renards ou d’autres animaux considérés comme les messagers des divinités. Il est donc préférable de regarder plusieurs éléments, comme la présence d’un torii, d’une corde sacrée ou d’un brûle-parfum.

3. Ce que les sanctuaires et les temples ont en commun

Les deux traditions partagent certaines pratiques que vous rencontrerez au cours de votre voyage.

  • Le bassin de purification (temizuya) : lorsqu’il est présent, il permet de se purifier symboliquement avant de prier.

  • Les omikuji : de petits papiers sur lesquels figurent des prédictions et des conseils concernant différents aspects de la vie.

  • Les omamori : des amulettes que l’on reçoit en échange d’une offrande dans un sanctuaire ou un temple, pour demander protection, santé, réussite aux examens ou bonheur en amour.

Ces pratiques existent dans les deux traditions, même si les prières et les divinités auxquelles elles se rapportent diffèrent.

4. Comment prier dans un sanctuaire ou un temple ?

Dans un sanctuaire shintoïste, la pratique la plus courante consiste à s’incliner deux fois, à frapper deux fois dans ses mains, à prier silencieusement, puis à s’incliner une dernière fois. Certains sanctuaires ont toutefois leurs propres règles.

Dans un temple bouddhiste, on joint généralement les mains devant soi et on prie en silence, sans frapper dans ses mains.

Dans les deux cas, il est conseillé de rester discret et de respecter les indications affichées sur place.

5. Peut-on se marier dans un sanctuaire ou un temple ?

Oui ! Au Japon, il existe des cérémonies de mariage shintoïstes, généralement organisées dans un sanctuaire ou dans une salle prévue à cet effet. Les mariés portent souvent des vêtements traditionnels, notamment des kimonos.

Les cérémonies bouddhistes existent également, même si elles sont moins courantes. De nombreux couples choisissent aussi une cérémonie de style occidental, souvent dans une chapelle.

Le choix d’une cérémonie ne reflète pas nécessairement l’appartenance religieuse du couple : les traditions sont souvent suivies pour leur dimension culturelle et symbolique.

6. Pourquoi trouve-t-on parfois un sanctuaire près d’un temple ?

Pendant des siècles, le shintoïsme et le bouddhisme ont coexisté et se sont étroitement mêlés. Il n’était pas rare qu’un temple possède un petit sanctuaire dédié aux kami, les divinités du shintoïsme, chargés de protéger le lieu. À l’inverse, certains sanctuaires étaient associés à des bâtiments bouddhistes.

Un exemple connu à Tokyo est celui de Sensō-ji et d’Asakusa-jinja, situés côte à côte à Asakusa. Le sanctuaire d’Asakusa est historiquement lié à la fondation du temple Sensō-ji.

Vous souhaitez mieux comprendre la place de la religion dans la vie quotidienne au Japon ? Découvrez aussi mon article : Les Japonais sont-ils bouddhistes, shintoïstes… ET sans religion ?

Envie de découvrir les traditions japonaises au-delà des apparences ? Lors d’une visite guidée privée en français à Tokyo, je vous aide à mieux comprendre la culture japonaise et les lieux que vous découvrez au fil de votre séjour.